Transformer le texte en affirmations vérifiables
Relisez le manuscrit en isolant les éléments qui pourraient être confirmés ou contredits : dates, lieux, fonctions, chiffres, citations, noms propres, usages techniques et liens de causalité. Une ligne du registre doit porter sur une affirmation assez précise pour recevoir une réponse. « Vérifier le chapitre 4 » ne permet pas de savoir ce qui a été contrôlé ; « le décret cité était en vigueur à la date de la scène » donne une cible, une date et un critère de décision.
Distinguer source, interprétation et choix narratif
Pour chaque affirmation, notez séparément ce que dit la source, l’interprétation que vous en tirez et la formulation retenue dans le manuscrit. Cette séparation évite de présenter une hypothèse comme un fait ou d’attribuer à une source une conclusion qu’elle ne formule pas. Dans une fiction, un écart volontaire reste possible ; il doit être identifié comme un choix de construction et non comme le résultat d’une vérification.
Identifier précisément les personnes, œuvres et organismes
Les homonymes, pseudonymes, changements de nom et titres traduits produisent des erreurs discrètes. Les notices d’autorité de la BnF permettent de rechercher des personnes, collectivités, œuvres, lieux et formes retenues ou rejetées. Relevez l’identifiant pérenne de la notice utile, puis vérifiez qu’elle correspond bien à l’entité du manuscrit. Une graphie trouvée dans une notice ne confirme pas à elle seule tous les faits associés à cette personne ou à cette œuvre.
Contrôler la bonne version d’un texte juridique
Un texte de droit peut avoir été modifié entre l’époque racontée, la rédaction et la publication. Légifrance permet de consulter la version en vigueur et, avec ChronoLégi, l’état d’un texte ou d’un article à une date donnée. Conservez le numéro, l’article, la date visée, l’URL et la date de consultation. Si le passage a une conséquence juridique réelle pour une personne, une entreprise ou une publication, une relecture professionnelle reste nécessaire.
Vérifier les données, leur date et leur licence
Un chiffre n’est pas vérifié tant que son jeu de données, son périmètre, son unité et sa date de mise à jour ne sont pas identifiés. Pour une donnée publique réutilisée, conservez aussi la licence et les obligations d’attribution. Le guide de data.gouv.fr rappelle notamment la mention de la source, la date de dernière mise à jour et l’interdiction d’altérer le sens des données dans le cadre de la Licence ouverte.
Retrouver une référence bibliographique stable
Pour un livre, relevez l’auteur, le titre, l’édition, l’année, l’éditeur et, lorsqu’il existe, l’ISBN ou l’identifiant ARK de la notice. Le service SRU du Catalogue général de la BnF expose des notices bibliographiques et d’autorité interrogeables par auteur, titre, ISBN, ARK et autres critères. Pour une publication scientifique, la recherche de métadonnées Crossref peut aider à retrouver un DOI ; contrôlez ensuite le titre, les auteurs et la publication plutôt que de vous fier au seul identifiant proposé.
Documenter les contradictions et l’incertitude
Deux sources sérieuses peuvent diverger parce qu’elles ne parlent pas de la même période, n’emploient pas la même définition ou reprennent des états différents d’un dossier. Ne forcez pas une conclusion unique : consignez la contradiction, les dates, le périmètre et la formulation prudente retenue. Les mentions « confirmé », « probable », « contesté », « non résolu » et « choix narratif » rendent la décision relisible sans masquer l’incertitude.
Relier chaque décision à une preuve consultable
Le registre doit permettre à une autre personne de reprendre le contrôle. Associez l’affirmation, le passage concerné, l’URL ou la cote, l’auteur ou l’organisme, la date du document, la date de consultation, un extrait de travail très court et la décision éditoriale. Évitez de copier de longs passages protégés : une référence exacte et une note reformulée suffisent généralement à retrouver l’information.
Organiser une passe finale avant publication
Filtrez d’abord les lignes non résolues et celles dont la source est ancienne ou instable. Rejouez ensuite les contrôles sensibles après la dernière correction, car une phrase déplacée ou condensée peut changer la portée d’une affirmation. Archivez le registre avec la version précise du manuscrit qu’il accompagne. La vérification n’établit pas une vérité générale : elle documente ce qui a été contrôlé, avec quelles sources et dans quelles limites.
Les points à vérifier
- Chaque affirmation sensible est formulée en une question vérifiable.
- La source primaire ou institutionnelle est recherchée avant les reprises secondaires.
- L’identité de la personne, de l’œuvre ou de l’organisme est confirmée par un identifiant stable lorsque c’est possible.
- La version et la date d’effet des textes juridiques sont contrôlées.
- Le périmètre, l’unité, la mise à jour et la licence des données chiffrées sont notés.
- Les références bibliographiques comportent l’édition réellement consultée.
- Les contradictions et les incertitudes restent visibles dans le registre.
- La formulation publiée ne dépasse pas ce que les sources permettent d’affirmer.
- Les droits de citation, de reproduction et de réutilisation ont été examinés.
- Le registre est daté et rattaché à la bonne version du manuscrit.
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Sources et prolongements
Sources consultées le 21 septembre 2026.

