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Actualité de l'édition · Actualité littéraire

Les livres sont utilisés dans des ateliers créatifs

Publié le · 6 min de lecture
Illustration de l'article Les livres sont utilisés dans des ateliers créatifs
Image d’illustration

Un atelier peut faire passer un participant de la lecture à la fabrication : écrire une autre fin, dessiner un personnage ou comprendre comment un livre pop-up tient debout. La Bibliothèque nationale de France décrit des parcours menés avec des classes et des bibliothèques dans lesquels auteurs, illustrateurs et autres professionnels invitent les élèves à travailler activement à partir des textes. Il s'agit d'un exemple documenté d'usage créatif du livre, pas d'une preuve que tous les établissements proposent les mêmes activités.

Partir d'un livre précis

Un bon atelier ne se réduit pas à une activité manuelle vaguement associée à la lecture. L'animateur choisit un ouvrage ou un extrait, explique ce que les participants vont observer, puis propose une transformation limitée. Après un album, on peut comparer l'image et le texte avant de créer une page supplémentaire. Après un poème, on peut jouer sur le rythme ou la disposition des mots. Le lien avec l'œuvre permet de revenir au livre une fois l'objet fabriqué.

La BnF présente, parmi ses animations jeunesse, des ateliers de livres animés et d'autres pratiques liées à ses collections dans le dossier « Autour du livre ». Ces exemples montrent l'étendue des formats possibles, mais leur programmation et leurs conditions d'accès changent ; le public doit vérifier l'agenda actuel de l'établissement.

Adapter la forme aux participants

  • Petite enfance : lecture courte, manipulation accompagnée et matériaux sans difficulté de découpe.
  • Enfants lecteurs : création d'une couverture alternative, d'un personnage ou d'une double page avec explication des choix.
  • Adolescents : dialogue réécrit d'un autre point de vue, courte bande dessinée ou comparaison entre plusieurs traductions d'un passage.
  • Adultes : carnet de lecture, atelier d'écriture à partir d'une contrainte ou exploration de la fabrication éditoriale.

Ces formats sont des propositions de conception, non des programmes annoncés par toutes les bibliothèques. Le temps, le matériel, la taille du groupe et l'accessibilité doivent être adaptés au lieu. Pour une personne qui ne souhaite pas lire à voix haute, une contribution dessinée ou écrite peut offrir une autre manière de participer.

Ce que l'atelier peut réellement produire

Un participant repart avec une création, mais l'enjeu est aussi de mieux regarder un livre : pourquoi l'illustration révèle-t-elle un détail absent du texte ? Comment la page organise-t-elle l'attente ? Pourquoi une autre fin change-t-elle le sens d'un récit ? Ces questions donnent une matière de discussion plus précise qu'une promesse générale de « renforcer le lien social ».

Pour évaluer la séance, l'organisateur peut demander quel passage les participants ont retenu, si la consigne était compréhensible et s'ils souhaiteraient emprunter ou découvrir un autre titre proche. Le nombre de créations terminées ne dit pas, à lui seul, si l'atelier a donné envie de lire. Relier l'activité à une sélection empruntable ou à une rencontre avec un auteur offre une suite concrète.

Un déroulé possible en quarante-cinq minutes

  1. Dix minutes : lire un court passage et montrer la page ou l'illustration qui servira de point de départ.
  2. Cinq minutes : expliquer une seule consigne de création, puis demander à un participant de la reformuler.
  3. Vingt minutes : écrire, dessiner ou assembler, avec une aide disponible sans imposer un résultat identique à tous.
  4. Dix minutes : inviter ceux qui le souhaitent à présenter leur choix, puis montrer où retrouver le livre.

Ce découpage doit être ajusté à l'âge, au nombre de personnes et à l'accessibilité du lieu. Avant de diffuser des photographies des réalisations ou des participants, l'organisateur doit vérifier les autorisations nécessaires ; il peut aussi documenter la séance sans image de personnes. Enfin, si l'atelier s'appuie sur une œuvre contemporaine, mieux vaut travailler sur un extrait limité et identifier clairement le livre et son créateur dans la sélection proposée.

Trois ateliers, trois objectifs distincts

Avec un album, l'animateur peut montrer une double page sans lire immédiatement le texte. Les participants décrivent ce que l'image suggère, puis écoutent la lecture et repèrent ce que les mots confirment ou déplacent. Ils créent ensuite une page supplémentaire en choisissant ce que l'illustration racontera seule. L'activité sert à comprendre la relation entre deux langages, pas simplement à produire un dessin décoratif.

Avec un documentaire jeunesse, le point de départ peut être une affirmation à vérifier. Les participants retrouvent la page, identifient la légende d'une image, comparent le sommaire et l'index, puis conçoivent une courte fiche qui cite le passage utilisé. L'enjeu est d'apprendre à chercher et à attribuer une information. Une bibliothèque peut prolonger la séance par deux ouvrages sur le même sujet pour montrer que les présentations et les niveaux de détail varient.

Avec un roman, une scène peut être racontée par un personnage secondaire. Les participants doivent conserver les faits déjà établis tout en changeant le point de vue. Cette contrainte fait apparaître les choix du narrateur : ce qu'il sait, ce qu'il tait et la manière dont il juge les autres. Une discussion finale confronte les versions au texte original ; elle évite de réduire l'atelier à une compétition pour la « meilleure » suite.

Préparer le groupe et le matériel

Avant la séance, il faut vérifier que l'extrait est lisible par tous les participants prévus. Une police trop petite, une lecture uniquement à voix haute ou une consigne donnée une seule fois peuvent exclure une partie du groupe. Prévoir une version projetée, un exemplaire supplémentaire ou une consigne écrite change concrètement la participation. Si la séance accueille des enfants d'âges différents, deux niveaux de tâche peuvent partir de la même page : décrire, puis interpréter.

Le choix du matériel suit l'objectif. Pour travailler sur la composition d'une page, quelques feuilles, crayons et reproductions autorisées peuvent suffire. Pour fabriquer un livre animé, il faut tester les découpes et les plis à l'avance : une mécanique qui ne fonctionne pas absorbe toute l'attention au détriment du livre. Le temps de rangement et de présentation des œuvres doit aussi entrer dans le déroulé annoncé.

Faire place à ceux qui ne veulent pas créer devant les autres

Un atelier public peut intimider. Certains participants n'aiment ni lire à voix haute ni montrer un texte personnel. Proposer de choisir un passage, de poser une question, de tenir le rôle de lecteur critique ou de travailler à deux élargit les façons de contribuer. L'animateur peut demander l'accord de chacun avant d'exposer une réalisation ou de la publier. La participation volontaire produit souvent une discussion plus riche qu'une restitution imposée.

Le retour sur les créations peut se concentrer sur les décisions prises : pourquoi changer la couleur de cette scène, pourquoi choisir ce narrateur, quel détail du livre a déclenché l'idée ? Une réponse courte suffit. Le but n'est pas d'évaluer le talent artistique, mais de rendre visible la lecture attentive qui a précédé la fabrication.

Relier l'atelier à la collection

La séance gagne à laisser une piste de lecture. Une table peut réunir le livre de départ, d'autres œuvres du même auteur, des titres du même genre et un documentaire qui éclaire un détail. Chaque livre devrait être identifié clairement pour que les participants puissent l'emprunter ou le rechercher ensuite. Une liste interminable serait moins utile qu'un petit choix commenté, adapté au groupe qui vient de participer.

Après plusieurs ateliers, l'organisateur peut comparer les questions qui reviennent et les livres effectivement consultés. Ce retour aide à choisir les séances suivantes. Il ne faut pas déduire d'un atelier réussi que tous les participants sont devenus lecteurs réguliers. Une séance peut néanmoins laisser un souvenir précis d'une œuvre et rendre la bibliothèque ou la librairie plus facile à fréquenter.

Sélection de maisons d'édition en France

Les Trois Colonnes publie des ouvrages de genres variés, notamment romans, essais, biographies et récits, dans le cadre d'un modèle d'édition participative accompagné de services éditoriaux.
" Vérone " privilégie une littérature générale, publiant notamment romans, poésie, autobiographies, recueils de nouvelles et essais, tout en indiquant rechercher des manuscrits se distinguant par leur originalité.
Baudelaire privilégie une tradition littéraire classique, publiant notamment poésie, romans, essais et jeunesse, avec une attention portée à la langue, aux idées et à la qualité éditoriale.
Gallimard publie principalement littérature française et étrangère, essais, documents et littérature jeunesse, en associant auteurs établis et nouvelles voix dans un catalogue couvrant divers genres et publics.
Albin Michel publie des œuvres de littérature, de sciences humaines, de spiritualités, de pratique, de beaux livres et de jeunesse, reflétant un catalogue éditorial diversifié.
Flammarion publie des ouvrages de littérature, sciences humaines, essais, arts, jeunesse et patrimoine, en associant création contemporaine, transmission des savoirs et édition de textes classiques.
" Hachette " publie notamment des ouvrages scolaires et parascolaires, des dictionnaires et encyclopédies, avec une attention portée aux formats papier et numériques destinés à l'apprentissage.
Éditions du Seuil publie littérature, sciences humaines, documents et beaux livres, avec une attention portée à la compréhension des enjeux contemporains et à la diversité des formes intellectuelles et littéraires.
Grasset privilégie la littérature, française et étrangère, tout en publiant des essais, documents et ouvrages jeunesse, au sein d'un catalogue organisé en diverses collections éditoriales distinctes.
Actes Sud développe un catalogue généraliste mêlant littérature, essais, arts, sciences humaines, jeunesse et écologie, avec une attention aux écritures contemporaines et aux enjeux du vivant.
Robert Laffont développe une ligne éditoriale généraliste, associant fiction française et étrangère, essais, documents, biographies et mémoires, ainsi que des collections dédiées au polar, aux jeunes adultes et à la littérature mondiale.
Fayard publie des romans, des essais, des ouvrages d'histoire et de sciences humaines, ainsi que des documents et témoignages consacrés notamment aux enjeux de société et politiques.