Réponse courte
Pour soumettre une novella, indiquez dans votre courriel le nombre total de mots du texte, par exemple : « Novella de fiction, environ 28 000 mots. » Cette donnée est plus fiable que le nombre de pages, qui dépend de la police, de l'interligne et de la mise en page. Ajoutez le nombre de signes espaces comprises seulement si la maison le demande. Le terme « novella » doit éclairer la forme littéraire, non remplacer un chiffrage précis.
Pourquoi le nombre de mots est plus pertinent que le nombre de pages
Le nombre de pages d'un manuscrit ne constitue pas une mesure stable. Un même texte peut compter un volume très différent selon qu'il est présenté en Times New Roman ou en Arial, avec un interligne simple ou double, des marges larges ou resserrées, des sauts de chapitre nombreux ou une pagination conçue pour faciliter l'annotation. Or, à l'étape de la lecture éditoriale, la maison d'édition doit pouvoir apprécier rapidement l'ampleur réelle du texte, indépendamment de sa présentation matérielle.
Le nombre de mots donne une indication plus homogène de la longueur narrative. Il permet à l'éditeur ou à l'équipe chargée des manuscrits de situer le projet parmi les formats habituellement envisagés par la collection : récit bref, novella, roman court ou roman plus développé. Cette information ne décide pas à elle seule de l'intérêt du texte, mais elle aide à comprendre son ambition, son rythme potentiel et sa place éditoriale.
Dans les échanges professionnels français, le nombre de signes espaces comprises reste également courant, notamment dans certains domaines tels que l'édition pratique, universitaire, jeunesse, la traduction ou les ouvrages comportant des contraintes de fabrication précises. Il ne faut toutefois pas supposer qu'une règle unique s'applique à toutes les maisons d'édition. Si les consignes de soumission demandent un nombre de signes, il convient de suivre cette demande. Si elles ne précisent rien, le nombre de mots est une information claire et immédiatement compréhensible.
Comment compter les mots d'une novella avant l'envoi
Le décompte doit porter sur le texte réellement soumis à l'éditeur. Il est donc préférable de compter le corps de la novella, sans y intégrer la page de titre, le courrier d'accompagnement, le synopsis, la note d'intention ou la biographie de l'auteur. Les remerciements, épigraphes, annexes ou éléments documentaires peuvent être signalés séparément s'ils font partie intégrante du projet et s'ils modifient sensiblement son volume.
Les logiciels de traitement de texte proposent généralement une fonction de statistiques indiquant le nombre de mots et le nombre de caractères ou de signes. Avant l'envoi, il est utile de vérifier que les notes de bas de page, commentaires, versions antérieures ou passages masqués ne faussent pas le résultat. Les méthodes de comptage peuvent différer légèrement selon les logiciels, notamment pour les nombres, les mots composés, les dialogues ou les éléments typographiques. Cette marge mineure n'appelle pas une précision excessive.
Dans la pratique, une formulation arrondie est souvent plus lisible qu'un chiffre au mot près. Écrire « environ 28 000 mots » est généralement plus naturel dans un courriel de soumission que « 28 143 mots », surtout si le manuscrit est encore susceptible de recevoir une dernière correction. En revanche, lorsqu'un formulaire en ligne impose un champ chiffré, il convient de renseigner le décompte fourni par le document final transmis.
La bonne formulation dans un courriel à un éditeur
La mention de longueur doit rester sobre et se placer parmi les informations éditoriales essentielles : titre, genre, volume, résumé très bref et coordonnées de l'auteur. Elle ne remplace ni le synopsis ni le manuscrit, mais elle contribue à donner une présentation professionnelle et directement exploitable.
Exemple de formulation :
« Je vous adresse Titre de la novella, une novella contemporaine d'environ 28 000 mots, destinée à un lectorat adulte. Le manuscrit complet est joint à ce courriel, accompagné d'un synopsis et d'une courte présentation de l'auteur. »
Si la maison d'édition utilise le vocabulaire des signes, une formulation peut être adaptée : « Le manuscrit compte environ 28 000 mots, soit [nombre vérifié] signes espaces comprises. » Il est préférable de ne pas convertir approximativement un nombre de mots en signes. Le chiffre des signes doit être relevé directement dans le fichier, car la relation entre les deux mesures dépend de la langue, du style, de la ponctuation et de la longueur moyenne des mots.
Faut-il indiquer « novella », « roman court » ou seulement le genre littéraire ?
Le mot « novella » peut être utile, à condition qu'il décrive réellement le projet. Il renvoie généralement à une fiction plus ramassée qu'un roman traditionnel, mais plus développée qu'une nouvelle : un récit doté d'une progression complète, d'une tension narrative et d'un univers qui lui sont propres, sans nécessairement adopter l'ampleur d'un long roman. Cette catégorie n'a cependant pas de seuil universellement fixé dans l'édition française.
Selon les maisons, les collections et les genres, une œuvre pourra être présentée comme une novella, un roman court, un récit, une fiction brève ou simplement un roman. L'auteur a donc intérêt à employer le terme qui correspond à son intention littéraire, sans chercher à faire entrer artificiellement le manuscrit dans une catégorie. Le nombre de mots apporte alors l'information objective qui permet à l'éditeur de compléter son appréciation.
Une formulation équilibrée consiste à associer la désignation littéraire et le volume : « une novella fantastique d'environ 32 000 mots » ou « un roman court de 35 000 mots ». À l'inverse, annoncer seulement « 120 pages » ne permet pas de savoir dans quelles conditions ces pages ont été composées ni quelle sera l'ampleur effective du texte une fois mis en livre.
Ce que le volume indique réellement à une maison d'édition
La longueur d'un manuscrit aide à situer un projet, mais elle ne constitue pas un critère de sélection autonome. Une maison d'édition examine d'abord l'adéquation entre le texte et sa ligne éditoriale, la qualité de l'écriture, la construction narrative, la singularité de la voix, la cohérence du projet et ses possibilités de publication. Le rôle exact du comité de lecture varie selon les structures : certaines maisons organisent une lecture collégiale, d'autres confient d'abord l'examen à une direction littéraire, à un éditeur ou à des lecteurs extérieurs.
Le volume intervient néanmoins dans la réflexion éditoriale. Pour un livre imprimé, il peut avoir des incidences sur le format, la fabrication, la couverture, le prix envisagé, la place en librairie et le travail de diffusion-distribution. Un texte très court ne devient pas automatiquement plus simple à publier : il doit pouvoir trouver une forme éditoriale, un positionnement et un équilibre économique compatibles avec la politique de la maison. À l'inverse, un texte plus long n'est pas nécessairement un frein s'il répond pleinement aux attentes d'une collection.
Au 17 septembre 2026, cette attention portée au positionnement matériel et commercial des livres reste particulièrement forte. Le Syndicat national de l'édition a souligné, à propos des résultats portant sur l'activité de 2025, les effets conjugués de la baisse du pouvoir d'achat, des coûts de production, du livre d'occasion, du piratage et de la prolifération de contenus assimilables à de faux livres produits avec des outils génératifs. Dans ce contexte, la précision des informations transmises par l'auteur facilite l'évaluation éditoriale, sans jamais se substituer à la valeur littéraire du manuscrit. (sne.fr)
Les évolutions numériques ne rendent pas la longueur imprimée secondaire
Le développement du livre numérique et du livre audio élargit les modes de lecture et d'écoute, mais ne supprime pas les choix éditoriaux liés au format. Le baromètre publié en 2026 par la SOFIA, le Syndicat national de l'édition et la Société des Gens de Lettres, fondé sur les usages observés en 2025, confirme la coexistence durable de plusieurs pratiques de lecture. Une novella peut donc être pensée pour une publication papier, numérique ou audio, selon le catalogue et les projets de l'éditeur ; il ne faut pas présumer qu'un format bref sera automatiquement orienté vers le numérique. (sne.fr)
L'intelligence artificielle générative fait également partie du contexte professionnel de septembre 2026, notamment à travers les questions de droit d'auteur, de transparence et de circulation de contenus non vérifiés. Elle ne modifie pas la manière de compter les mots d'un manuscrit. En revanche, elle renforce l'intérêt d'une présentation nette, d'un texte finalisé et d'un dossier cohérent. Sauf consigne explicite de l'éditeur, le nombre de mots ne doit pas devenir une déclaration sur les outils éventuellement utilisés pendant l'écriture : il demeure avant tout un indicateur de volume. (sne.fr)
Respecter en priorité les consignes de soumission
Chaque maison d'édition peut fixer ses propres modalités : manuscrit intégral ou extrait, envoi par courriel ou formulaire, document au format PDF ou Word, synopsis obligatoire ou non, mention du nombre de signes ou du nombre de mots. Certaines collections de littérature générale acceptent volontiers des textes de formats variés ; d'autres recherchent des volumes plus précisément adaptés à leur catalogue. La bonne pratique consiste donc à consulter les indications publiées par l'éditeur visé avant l'envoi.
Lorsque les consignes demandent un manuscrit « paginé », cette exigence concerne généralement la lisibilité du fichier et le confort de lecture, non la mesure éditoriale de l'œuvre. Il est alors possible de fournir un document paginé selon la présentation requise tout en indiquant le nombre de mots dans le courriel ou sur la page de titre. Les deux informations ne se contredisent pas : la pagination facilite la lecture du document, tandis que le nombre de mots renseigne sur son volume réel.
Ne pas confondre présentation du manuscrit et contrat d'édition
Le nombre de mots communiqué lors de la soumission n'est pas, en lui-même, une clause contractuelle. Si une maison d'édition souhaite publier la novella, les conditions de cession des droits, de rémunération, d'exploitation papier et numérique, de reddition des comptes ou de durée du contrat relèvent ensuite de la négociation et du contrat d'édition. Pour les livres exploités à la fois sous forme imprimée et numérique, le Code de la propriété intellectuelle prévoit notamment que les conditions relatives à l'exploitation numérique soient déterminées dans une partie distincte du contrat. (legifrance.gouv.fr)
Le manuscrit peut naturellement évoluer entre sa soumission et sa publication, à la suite du travail éditorial, des corrections ou d'éventuelles réécritures discutées avec l'éditeur. Le chiffre annoncé au départ doit donc être honnête et actualisé, mais il ne faut pas le considérer comme une promesse intangible. L'essentiel consiste à présenter un texte abouti, correctement compté et clairement identifié comme novella, roman court ou récit selon sa nature.
Les erreurs à éviter
Il est préférable d'éviter les équivalences imprécises telles que « environ 150 pages de livre ». Une page de manuscrit n'est pas une page imprimée, et une estimation fondée sur une future maquette n'a guère de valeur avant le travail de fabrication. Il est également inutile de gonfler artificiellement le volume par une mise en page espacée ou, à l'inverse, de réduire la taille des caractères pour donner l'impression d'un manuscrit plus court. Ces procédés ne modifient pas la longueur du texte et peuvent nuire au confort de lecture.
Enfin, la longueur ne doit pas être présentée comme un argument commercial isolé. Dire qu'une novella est « idéale parce qu'elle est courte » ne suffit pas à intéresser un éditeur. Il est plus juste de faire comprendre que sa forme brève est nécessaire à son projet narratif : concentration du récit, unité de temps, intensité psychologique, structure resserrée ou choix d'une lecture rapide mais complète. Le nombre de mots mesure le manuscrit ; le synopsis et le texte lui-même en révèlent la raison d'être.
