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Glossaire éditorial

Police serif

Notion de littérature, d'écriture et d'édition classée à la lettre P.

P

Définition

Une police serif, appelée en français police à empattements, est une police de caractères dont les lettres se terminent par de petites extensions, généralement placées à l’extrémité des traits verticaux ou horizontaux. Ces empattements peuvent être fins, épais, arrondis ou anguleux selon le dessin typographique. Des caractères tels que Garamond, Baskerville, Caslon ou Times New Roman appartiennent à cette famille. Dans le domaine du livre, la police serif est traditionnellement associée au texte courant, c’est-à-dire aux longues pages de roman, d’essai, de récit ou d’ouvrage universitaire. Son emploi répond d’abord à une fonction de lisibilité. Sur papier, les empattements contribuent à structurer visuellement les lignes et à différencier plus facilement les formes des lettres. Ils peuvent ainsi faciliter une lecture prolongée, notamment lorsque le texte est composé dans une taille adaptée, avec un interlignage et une largeur de ligne équilibrés. Cette appréciation dépend toutefois de nombreux paramètres : qualité de l’impression, blanc de la page, corps du texte, contraste des traits et habitudes de lecture du public visé. Le choix d’une police serif participe aussi à l’identité éditoriale d’un livre. Une Garamond peut évoquer une tradition littéraire et une certaine sobriété ; une Baskerville produit souvent une impression plus nette et plus contrastée ; une police plus contemporaine peut moderniser une mise en page tout en conservant les repères visuels des empattements. La typographie ne remplace ni la qualité du texte ni le travail éditorial, mais elle influence le confort de lecture, le rythme des pages et la perception matérielle de l’ouvrage. Lors de l’envoi d’un manuscrit à une maison d’édition, l’usage d’une police serif classique, lisible et courante peut être apprécié, sans constituer une obligation universelle. Les consignes de soumission de chaque éditeur restent prioritaires. La mise en forme du manuscrit sert avant tout à permettre une lecture claire ; elle ne préjuge pas nécessairement de la typographie retenue pour le livre publié. Au stade de la fabrication, le ou la maquettiste choisit ou adapte la police en fonction du format, du genre, du nombre de signes, du papier et des contraintes économiques. Une police serif prévue pour l’impression peut également comporter des ligatures, des petites capitales, plusieurs graisses et des chiffres adaptés au texte, éléments utiles pour composer un ouvrage cohérent et soigné.